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Affaire Bounda Balonzi Léon Armel : le Tribunal correctionnel spécialisé face aux enjeux de la commande publique

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Justice gabonaise : l’ancien ministre Léon Armel Bounda Balonzi fixé le 9 janvier 2026

Libreville, 19 décembre 2025. Le Tribunal correctionnel spécialisé a tenu vendredi une audience très attendue au Palais de justice de Libreville. Cette procédure oppose Léon Armel Bounda Balonzi, ancien ministre des Travaux publics, ainsi qu’un coaccusé, à l’État gabonais.

Les prévenus sont poursuivis pour blanchiment des capitaux, violation des procédures d’octroi des marchés publics et association de malfaiteurs. Les échanges ont porté sur la régularité administrative et la responsabilité des acteurs publics.

Léon Armel Bounda Balonzi défend la régularité des procédures

À l’ouverture de l’audience, les accusés ont été appelés à la barre. Ensuite, l’arrêt de renvoi a été lu publiquement.

Invité à s’exprimer, Léon Armel Bounda Balonzi a retracé son parcours professionnel. Puis, il a affirmé avoir respecté les étapes prévues par le Code des marchés publics.

Selon lui, les procédures engagées répondaient aux exigences réglementaires. La défense a ainsi mis en avant le respect des textes en vigueur.

Le marché de Potos au centre des débats

Les discussions se sont intensifiées autour du marché de Potos à Franceville. Ce contrat concernait la construction d’un marché estimé à trois milliards de francs CFA.

Le juge a interrogé l’ancien ministre sur le choix de la société ZEN BTP. Une autre entreprise, SOCOBA, avait proposé 900 millions de francs CFA.

Léon Armel Bounda Balonzi a justifié cette décision par l’expérience et la capacité technique de ZEN BTP. Toutefois, le tribunal a relevé que cette société ne figurait pas dans les fichiers de l’État, contrairement à SOCOBA.

Les déclarations sur Ian Ngolou examinées

Le tribunal a ensuite évoqué le procès-verbal de l’enquête préliminaire. Celui-ci rappelait d’anciennes déclarations attribuées à l’accusé.

Selon ces éléments, il aurait agi sur instruction de Ian Ngolou, alors conseiller à la présidence, pour attribuer le marché à Abdel Moussavou.

Interrogé sur ce point, Léon Armel Bounda Balonzi a parlé d’une simple suggestion de consultation. Cependant, le juge a mentionné une autre déclaration évoquant une forme de redevabilité envers ce conseiller.

Des manquements techniques soulevés par l’État

Les avocats de l’Agence judiciaire de l’État ont insisté sur l’article 64 du Code des marchés publics. Ils ont soutenu que ZEN BTP ne remplissait pas tous les critères requis.

D’autres irrégularités ont aussi été citées. Parmi elles figure l’imposition de la reconnaissance de ZEN BTP au Directeur général des Travaux publics.

Selon les parties civiles, cette démarche contreviendrait à l’article 60 du Code.

Volet financier et audition du coaccusé

Concernant ses revenus, Léon Armel Bounda Balonzi a déclaré avoir perçu un salaire trimestriel de 45 millions de francs CFA durant ses 33 mois au gouvernement. Il a également évoqué des aides familiales.

Le ministère public a questionné l’origine des fonds ayant servi à l’achat d’une maison à Fougamou. L’ancien ministre a estimé cette acquisition compatible avec ses revenus.

Entendu à son tour, Abdel Moussavou a reconnu avoir perçu 2,4 milliards de francs CFA pour la réhabilitation du marché de Potos. Il a aussi admis avoir été recommandé par Ian Ngolou.

Réquisitions et verdict attendu en janvier 2026

Au terme des débats, les avocats de l’État ont demandé la condamnation des accusés. Ils réclament également 2,59 milliards de francs CFA au profit de l’État gabonais.

Le ministère public a requis quatre ans d’emprisonnement ferme, une amende de 110 millions de francs CFA et la confiscation des biens de l’ancien ministre.

La défense a contesté la compétence du tribunal. Elle a aussi invoqué un taux d’exécution des travaux de 97 %.

Le délibéré dans l’affaire Léon Armel Bounda Balonzi a été renvoyé au 9 janvier 2026. Cette procédure relance le débat sur la gouvernance publique et l’État de droit au Gabon.

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